Histoire de Greenfield Park

La Ville de Greenfield Park fut regroupée à partir de janvier 2002 avec huit autres villes de la Rive-Sud, pour devenir la nouvelle « Ville de Longueuil » et de nouvelles élections furent tenues avant la fin du mandat, soit en novembre 2001 pour le nouvel arrondissement. à la suite de la réorganisation territoriale, en janvier 2006, Greenfield Park est demeuré un arrondissement de la Ville de Longueuil.

La seigneurie de Longueuil

Les débuts

On sait que le territoire actuel de la municipalité de Greenfield Park faisait partie autrefois de la seigneurie de Longueuil. L’histoire de Greenfield Park commence donc par celle de la seigneurie. à ce titre, elle remonte aux premiers temps de la colonie, à l’époque où la Nouvelle-France était encore un pays de colonisation et de défrichement.

Armistice
Une des premières parades
pour la journée de
l’Armistice sur le boulevard
Churchill.

Les historiens possèdent peu de renseignements sur l’aspect de la région de Longueuil lors de l’arrivée des français. Mais il semble bien que cette région ait été un lieu de passage très fréquenté par les indiens. Il est même possible, d’après les récits de Jacques Cartier, qu’il y ait eu des champs cultivés à l’endroit précis qui allait devenir, par la suite, la seigneurie de Longueuil.

De toute façon, la première date historique est celle de 1657. Cette année-là, en effet, Charles Le Moyne, originaire de Dieppe, en France, recevait à titre de simple colon une concession de terrain. C’est cette concession, en somme, qui marque les débuts de la future seigneurie dont l’érection officielle eut lieu onze ans plus tard, en mars 1668.

La famille des Le Moyne

Personne n’ignore l’importance de la famille Le Moyne, non seulement dans l’histoire de Longueuil, mais aussi dans celle de la Nouvelle-France dont l’un des personnages les plus illustres fut, sans contredit, Pierre Le Moyne d’Iberville. Il est facile de constater ce que la valeur des Le Moyne doit au fondateur de la lignée, Charles Le Moyne. Il suffit de lire l’acte officiel d’érection de la seigneurie de Longueuil, signé par Louis XIV en 1668 : « Les roys, nos prédécesseurs, ayant toujours estimé que l’honneur est le plus puissant motif pour porter leurs sujets aux généreuses actions, ont pris soin de reconnaître par des marques d’honneur ceux qu’une vertu extraordinaire en avait rendu dignes; et comme nous sommes informés des bonnes actions que font chaque jour les peuples du Canada, soit en réduisant ou disciplinant les sauvages, soit en se défendant contre leurs fréquentes insultes et celles des Iroquois, aussi nous avons estimé qu’il était de notre justice, de distinguer par des récompenses d’honneur ceux qui se sont les plus signalés pour inciter les autres à imiter de semblables grâces : à ces causes et désirant traiter favorablement notre cher et bien aimé Charles Le Moyne, Sieur de Longueuil, pour le bon et louable rapport qui nous a été fait des belles actions qu’il a faites dans le pays du Canada... ».

On comprend que, cinq ans plus tard, Frontenac ait parlé à propos du premier seigneur de Longueuil, de « l’affection qu’il a toujours témoignée pour le service du Roi » et de « la promptitude avec laquelle il a toujours exécuté les ordres qui lui ont été donnés par les gouverneurs, soit dans les guerres où il s’est signalé en plusieurs occasions, soit en diverses négociations et traités de paix qu’il a fait avec eux... ». Cette appréciation de Charles Le Moyne devait être confirmée en 1683, lorsque le gouverneur-général, Monsieur de la Barre, sollicita pour lui le poste de gouverneur de Montréal en ces termes :

Attente du tramway
En attente du tramway au
coin de Springfield et
Churchill. Les trottoirs
étaient en bois.

« Monsieur Le Moyne a rendu de grands services au pays, mais celui qu’il vient de rendre, au mois de juillet dernier, en négociant la paix avec les Iroquois, est si considérable qu’il est à propos, pour l’encourager à l’avenir, où il nous peut encore mieux servir, que vous lui accordiez cette gratification... Je vous envoie pour porter mes dépêches, son fils d’Iberville, jeune homme qui entend bien la mer, sait cette rivière admirablement, a mené et ramené déjà plusieurs navires en France, vous suppliant de le faire enseigne de marine ». Cette dernière phrase nous éclaire justement sur les débuts de la carrière de Pierre Le Moyne d’Iberville, né en 1661, et qui fut certainement l’une des plus belles figure de toute l’histoire du Canada. Les exploits de l’illustre marin sont trop connus pour qu’on en fasse de nouveau le récit. D’ailleurs, pour faire l’histoire de tous les membres célèbres de la famille Le Moyne, il faudrait sortir des cadres de cet aperçu historique. Qu’il suffise de mentionner Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, frère de Pierre d’Iberville, fondateur de la Nouvelle-Orléans, qui fut le personnage le plus glorieux de l’histoire de la Louisiane : Joseph Le Moyne de Sérigny, qui devint gouverneur de Rochefort, en France, après une magnifique carrière, et enfin, les barons de Longueuil, dont les deux premiers furent gouverneurs de Montréal.

Haut de pageLe développement de la seigneurie

Ce fut à partir de l’érection officielle, en 1668, que les colons commencèrent à s’installer sur le territoire de Longueuil. Le village de Longueuil proprement dit se développa très lentement : en 1769, il n’y avait encore que sept propriétaires et le reste du village était formé par l’église, le presbytère, le château et deux moulins. Toutefois l’ensemble de la seigneurie progressait beaucoup plus rapidement :

  • 100 habitants en 1681
  • 223 habitants en 1698
  • 400 habitants en 1739
  • 714 habitants en 1765

En 1700, la seigneurie fut élevée au rang de Baronnie par Louis XIV. Le nouveau baron avait fait construire un château qui fut terminé en 1690. Il devait être assez imposant puisque la lettre de noblesse accordée par Louis XIV décrit la seigneurie de Longueuil comme la mieux fortifiée de la colonie. Ces fortifications n’étaient pas superflues : devant la menace constante que les colonies anglaises faisaient peser sur Montréal, la Baronnie de Longueuil se trouvait a être un avant-poste important. En 1711 une armée anglaise avait quitté New York pendant que la flotte anglaise se dirigeant vers Québec. Ce fut précisément le Baron de Longueuil qui reçue l’ordre de repousser l’armée en défendant le fort de Longueuil et celui nouvellement fortifié de Chambly.

Haut de pageLa paroisse et l’église

La seigneurie de Longueuil était devenue paroisse canonique dès les dernières années du XVIIe siècle. L’érection civile eut lieu en 1722. Au début, il n’y avait pas de prêtre à demeure et les habitants de la seigneurie devaient se rendre à Boucherville où même à Montréal pour remplir leurs devoirs religieux.

Ce ne fut qu’à partir de 1720 que la paroisse prit, du point de vue religieux, l’importance qu’elle méritait par ailleurs. Ce progrès est dû, en grande partie, au long séjour du curé Joseph Isambert, nommé en 1720, qui resta à Longueuil jusqu’à sa mort en 1763.

En 1724, la chapelle du château étant devenue trop petite, le curé s’adressa aux autorités civiles pour obtenir la permission de faire construire l’église paroissiale. L’église fut terminée en 1727, mais les paroissiens attendirent jusqu’en 1730 avant de se décider à construire le clocher.

Description de la seigneurie

Tramway
Le « Chambly County
Street Car », connu sous le
surnom « Tooter Ville
Trollie ».

On possède sur la Baronnie de Longueuil au XVIIIe siècle un document extrêmement intéressant. Il s’agit des lettres échangées par Hugh Finlay, de Montréal et Lors Despencer, de Londres, qui avait chargé Finlay de lui acheter une seigneurie au Canada.

Finlay écrivait en mai 1773 : « La Baronnie renferme quatorze ou quinze lieues, soit cent mille arpents en superficie. Elle est bornée en front par le Saint-Laurent, en arrière par la rivière Richelieu, et partant de cette rivière, près du fort de Chambly, elle s’étend vers le lac Champlain, environ douze milles. Les terres sont généralement très bonnes et propres à la culture du lin, du chanvre et du blé : Celui-ci représente à présent sa principale production. Cette contrée est plate, ni basse ni trop marécageuse, mais bien arrosée. On y a déjà concédé à peu près cinq cents fermes, de quatre-vingt-dix arpents, lesquelles rapportent annuellement un sou de l’arpent et un minot de blé pour chaque vingt arpents... Chaque habitant, quelque soit le genre de sa tenure, est obligé de faire moudre son grain au moulin seigneurial ou moulin banal; nul habitant n’a le droit d’ériger un moulin pour lui. Le seigneur reçoit les quatre dixième du grain pour droit de mouture... Un tiers de cette Baronnie est encore sans concessionnaires. Le village de Longueuil renferme à peu près quinze maisons, l’église paroissiale, un moulin à vent, un moulin à eau, etc., le tout des plus agréablement situés. Le château ou manoir, placé au centre du village, est une assez bonne construction avec étable et autres dépendances, ainsi que jardins, cours, etc. La coquette île Sainte-Hélène, à deux encablures de Montréal, appartient à la Baronnie. On y voit une bonne maison de campagne, un verger et des boisés de belle apparence. Le débarcadère de Saint-Jean et le fort de ce lieu, à l’entrée du lac Champlain, forment également partie des terres de Longueuil ».

Il est bon de noter ici que l’administration seigneuriale n’allait pas toujours sans quelques difficultés. Les habitants tardaient souvent à payer les rentes seigneuriales. Le deuxième Baron de Longueuil dut même se plaindre de ces retards : il obtint une ordonnance de l’intendant Hocquart obligeant les concessionnaires à présenter leurs titres dans un délai de trois mois.

Plus tard, au contraire, plusieurs poursuites furent intentées par les censitaires contre la Baronne de Longueuil et son mari, le Baron David-Alexandre Grant, pour avoir voulu augmenter les redevances et vendre des terres boisées au lieu de les concéder. Ces poursuites s’étaient finalement réglées hors cour en 1826.

Haut de pageLe comté de Chambly

La charte que l’Angleterre avait accordée au Canada en 1791 divisait la colonie en deux provinces, le Haut-Canada et le Bas-Canada. Le Bas-Canada fut, à son tour, divisé en 21 comtés. La paroisse de Longueuil fit partie du Comté de Kent par la proclamation royale en 1792.

à la suite de ces transformations constitutionnelles et administratives, des élections générales eurent lieu et le comté de Kent envoya au Parlement de Québec deux députés : René Boileau et Pierre Legras-Pierreville.

En 1829, on procéda à une transformation du comté qui prit alors le nom de Comté de Chambly. En 1853, un nouveau changement survint qui fit perdre au comté une partie de son territoire, principalement la ville et la paroisse de Saint-Jean. Le statut fixait les limites ou comté, « comprenant les paroisses de Boucherville, Longueuil, Saint-Bruno et Chambly ».

Le comté fut souvent représenté en chambre par des hommes politiques éminents qui ont laissé leurs traces dans l’histoire de leur époque. Parmi eux, on peut citer Louis-Joseph Papineau, J. Viger, Denis-B. Viger, F.A. Quesnel, Louis Lacoste et L.M. Viger.

Pendant tous ces changements, la paroisse de Longueuil progressait. La population qui était de 1 613 âmes au recensement de 1790 passa à 2 856, soit près du double, au recensement de 1825. Mais le village même de Longueuil était encore minuscule à l’époque.

Haut de pageGuerre et révoltes

La Baronnie de Longueuil joua un rôle important lors de l’invasion américaine en 1775. Comme on le sait, ce fut en 1775 que les colonies de la Nouvelle-Angleterre se révoltèrent contre la métropole. Les Américains cherchèrent évidemment à faire passer le Canada de leur côté et envoyèrent 1 800 hommes dirigés par le général Montgomery.

Les Américains s’emparèrent du fort de Longueuil. Le général Carleton, commandant des troupes anglaises du Canada, tenta de les chasser par un débarquement sur la Rive-Sud; mais il ne put se résoudre à lancer toutes ses troupes à l’attaque. Les combats de Longueuil eurent pour effet de le décourager et il abandonna même Montréal aux Américains.

Soixante ans plus tard, Longueuil devait se trouver au centre d’une autre révolte, celle de 1837. Les rapports étaient alors devenus très tendus entre le gouvernement britannique et le Canada français lorsque le gouverneur Gosford reçut l’ordre de disposer des subsides administratifs malgré le refus de la Chambre.

Cet incident provoqua une vive agitation parmi les Canadiens-français et le gouvernement dut faire arrêter les principaux chefs du mouvement populaire.

Parmi ces derniers se trouvaient le notaire Desmarais et le Dr Davignon, tous deux de Saint-Jean-d’Iberville. La nouvelle de leur arrestation par un détachement de cavalerie se répandit immédiatement dans le comté de Chambly et des patriotes décidèrent d’attaquer le détachement sur le chemin du retour vers Montréal.

Le groupe se posta en embuscade à deux milles du village de Longueuil, sur le chemin de Chambly. L’attaque, qui eut lieu le 17 novembre 1837, fut la première de l’insurrection : elle eut du succès et les prisonniers furent libérés.

Deux autres batailles, plus importantes, eurent lieu à proximité de Longueuil. Ce furent la victoire des patriotes à Saint-Denis et leur défaite à Saint-Charles qui porta un coup mortel aux forces des rebelles. Une fois l’insurrection vaincue, plusieurs arrestations furent faites à Longueuil qui avait été un des foyers de la révolte. On emprisonna Augustin Dubuc, Casimir et Alexis Bouthillier, Toussaint Fournier, Godfroid Lagu, Louis Trudeau, François Collin et le docteur Alexis Rollin. Cependant, les choses se calmèrent assez rapidement par la suite et plusieurs habitants de Longueuil reçurent des indemnités pour les dommages qu’ils avaient subis au cours de la rébellion.

Haut de pageEssor de l’activité religieuse

En 1789, M. Denault fut nommé curé de Longueuil. Cet événement fut le point de départ d’un essor de l’activité religieuse dans la paroisse. En effet, tout en restant curé de Longueuil, M. Denault devint le dixième évêque de Québec en 1797.

Le curé de Longueuil étant évêque du Canada, il n’est pas surprenant de constater que parmi les vicaires qui passèrent alors à Longueuil, plusieurs portaient des noms qui devinrent célèbres dans l’histoire religieuse du Canada. On peut citer J.-J. Lartigue, futur premier évêque de Montréal, Joseph Signai, futur archevêque de Québec.

Le développement de la paroisse du point de vue religieux ne s’arrêta pas. Le successeur de M. Denault dut même s’occuper de la construction d’une nouvelle église. Cette église fut bâtie sur l’emplacement de l’ancien fort de Longueuil et fut terminée en janvier 1814.

Haut de pageFin du régime seigneurial

Étudiants au jeu à l'école Royal George
Étudiants au jeu à l’école
Royal George.

Marie-Charles-Joseph Le Moyne, née en 1756, était devenue la quatrième héritière de la Baronnie de Longueuil. Elle était la fille posthume du troisième Baron, mais elle ne prit effectivement le titre de Baronne qu’à la mort de sa mère en 1818. Quand elle mourut à son tour, en 1841, avec elle disparaissait le dernier rejeton de la famille Le Moyne de Longueuil.

La Baronne s’était mariée avec David-Alexandre Grant, en 1781, et ce fut leur fils, Charles-William Grant, qui hérita de la seigneurie et devint le cinquième Baron. Le titre resta dès lors dans la famille Grant, et récemment encore, le huitième Baron, Réginald d’Iberville Charles Grant, vivait en Angleterre.

Il n’est pas superflu de présenter ici ces quelques notes généalogiques, car en 1879, eut lieu un événement qui fit de la Baronnie de Longueuil une seigneurie unique dans l’histoire du Canada. En effet, cette année-là, Charles Colmore Grant, en devenant le septième Baron de Longueuil, fit une requête pour obtenir de la cour d’Angleterre la reconnaissance officielle de son titre de Baron qui, comme on le sait, remontait à 1700 et avait été concédé par la couronne française.

à la surprise générale, le Baron Grant obtint gain de cause. La Baronnie de Longueuil devint ainsi la seule du Canada qui ait été reconnue par l’Angleterre. Mais il importe de remarquer qu’une loi du Parlement canadien avait supprimé dès 1855 la tenure seigneuriale dans tout le Canada. L’événement de 1879, malgré son importance, concernait beaucoup plus le titre que le régime seigneurial. Pour toutes fins pratiques, il vaut mieux, à partir de 1855, parler de la paroisse de Longueuil plutôt que de la Baronnie de Longueuil.

Avant de terminer cette partie de notre aperçu historique, il faut noter l’importance des documents dans la reconstitution du passé. Pour ce qui a trait à la seigneurie de Longueuil, un grand nombre de documents ont malheureusement été perdus. Si l’on juge par un article publié dans la Minerve, le 24 novembre 1887, il n’est pas nécessaire de chercher très loin les causes de cette perte.

Dans cet article, M. de Léry McDonald écrivait : « La destruction à la grosse des papiers de la famille de Longueuil, si intimement liée à l’histoire de notre ville, mérite d’être mentionnée. C’était pendant l’affaire de Trent; on avait besoin d’installations pour les troupes envoyées à Montréal. Des magasins appartenant à la famille Grant de Longueuil furent retenus. Or, dans le grenier d’un de ces magasins, il y avait une grande quantité de paperasses... On les fit transporter, sans même se demander ce qu’elles pouvaient être, sur la forme de Logan, et là, elles furent réduites en cendres. En passant quelqu’un arracha de cet amas de paperasses quelques pièces. Une était la lettre d’anoblissement de l’illustre Charles Le Moyne... une autre était les lettres patentes érigeant en Baronnie la Seigneurie de Longueuil ».

 

Haut de pageLa paroisse de Longueuil au XIXe siècle

L’enseignement

En 1842 fut fondée à Longueuil une congrégation qui prit par la suite une grande importance, celle des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. La nouvelle communauté se consacra dès 1843 à l’enseignement, dans la maison de la fabrique. Puis, le 9 août 1844, elle entra dans le nouveau couvent de Longueuil.

Le succès de la congrégation fut total, non seulement à Longueuil, mais dans le reste du Canada, et même aux Etats-Unis, jusqu’en Californie et en Floride. à Longueuil même, dès 1858, quinze ans après les débuts, le nombre des élèves s’élevait à 454. En 1885, la communauté possédait déjà 37 maisons au Canada et aux Etats-Unis.

Pendant ce temps, à part le couvent, Longueuil n’avait pas d’écoles, sauf quelques établissements privés. Mais en 1845, le gouvernement adopta une nouvelle loi sur les écoles qui eut une grande influence. Cette loi établissant des écoles élémentaires dans toutes les paroisses, obligeant les contribuables à faire les frais de ce nouveau système.

Malgré une forte opposition au début, le système de 1845 finit par s’imposer. à Longueuil, on procéda aussitôt à l’élection des commissaires qui s’empressèrent d’obtenir les services d’un instituteur. Bientôt on commença à se préoccuper de fonder un collège. Le nouveau collège ne fut terminé qu’en 1856 et on en confia la charge aux Clercs Saint-Viateur.

Après des débuts prometteurs, des difficultés surgirent dans l’enseignement et dans l’administration du collège et les Clercs Saint-Viateur quittèrent le collège. Les commissaires firent appel aux Frères des écoles Chrétiennes qui acceptèrent, en 1867, de prendre en main le collège de Longueuil.

D’autre part, la population protestante de la paroisse de Longueuil cherchait à fonder des écoles protestantes. Malheureusement ces tentatives ne furent pas durables. La principale raison de ces difficultés était le caractère de la population de langue anglaise de Longueuil. En effet, cette population ne faisait en général que passer dans la paroisse; plusieurs familles, d’ailleurs ne fréquentaient Longueuil que l’été. Dans ces conditions, il était presque impossible de maintenir une école protestante.

Haut de pageLe culte

Le cinquième Baron de Longueuil, Charles-William Grant, en prenant possession de la Baronnie, à la mort de sa mère, voulut commémorer l’événement par une fondation religieuse.

Il fit construire à ses frais une église protestante en 1842. On dédia cette nouvelle église au culte anglican, sous le vocable de Saint-Marc de Longueuil.

Quant au culte catholique, l’augmentation de la population au cours du XIXe siècle, avait rendu nécessaire la construction d’une nouvelle église. On démolit l’église de 1814, après une dernière messe solennelle célébrée le 31 août 1884. Puis on construisit sur le même emplacement la nouvelle église qui fut bénie le 27 janvier 1887 par l’archevêque de Montréal.

Activités et progrès matériels

Magasin général Kipps
Magasin général Kipps sur
l’avenue Springfield (1922)

Longueuil était situé en face de Montréal, le problème des communications s’était posé dès les premiers temps de la colonie. Il y eut un bateau passeur avant 1740 : il appartenait à Mère d’Youville qui en utilisait les bénéfices pour subvenir à ses œuvres de bienfaisance.

Il semble bien qu’on ait utilisé un bateau à vapeur avant 1838 pour faire les traversés. Des sociétés commerciales se formèrent pour exploiter le système de traversiers. On peut nommer la Société Jodoin-l’Espérance, la Compagnie de Navigation du Richelieu qui avait un véritable monopole de la navigation sur cette partie du Saint-Laurent et qui acheta finalement la Compagnie de Navigation de Longueuil.

La région de Longueuil, comme on l’a vu au début de cet aperçu historique, était un lieu de passage très fréquenté dès l’époque des Indiens et des premiers colons de la Nouvelle-France. Elle le demeura constamment au cours de son histoire. Aussi ne tarda-t-elle pas à être dotée d’un chemin de fer. On sait que le premier chemin de fer fut construit en 1836 entre Saint-Jean-d’Iberville et Laprairie. En 1848, on construisit celui de Longueuil à Saint-Hyacinthe. L’actuel territoire de Greenfield Park se trouvait donc à cette époque entre les terminus des deux chemins de fer.

Puisqu’il est question de chemin de fer, on ne peut passer sous silence l’un des faits les plus curieux de l’histoire des chemins de fer à travers le monde. Il s’agit du fameux chemin de fer sur glace qui relia Longueuil à Montréal pendant l’hiver de 1880 à 1883. Ce phénomène fut même une curiosité internationale et l’on en parla en France et en Angleterre.

Parmi les activités de l’époque, on peut encore mentionner la construction de l’aqueduc de Longueuil, en 1876, au coût de 71 000 $ qu’on trouva excessivement élevé. Dès sa formation, en 1874, le conseil de la ville s’occupa aussi de l’amélioration du système des canaux d’égouts.

Haut de pageTransformations administratives

La paroisse de Longueuil se donna un conseil municipal dès 1845. En 1848, la population du village de Longueuil ayant augmentée, les contribuables décidèrent de faire du village une municipalité distincte. La première élection des conseillers eut lieu le 17 juillet de la même année et Isidore Hurteau devint alors le premier maire. Vingt-cinq ans plus tard, en 1873, Longueuil obtint enfin le statut de ville.

à la même époque, il y eut de nombreux changements quant au chef-lieu du comté. Longueuil avait été le premier chef-lieu; on avait ensuite choisi Saint-Jean, puis Chambly (de 1844 à 1857). Enfin, en 1857, Longueuil redevint chef-lieu du comté.

De 1800 à 1850, Longueuil avait enfin grandit. Sa population augmenta encore plus, du moins temporairement, lorsque le chemin de fer du Grand-Tronc s’y installa en 1853. Toutefois, le reste de la paroisse s’était développé assez rapidement et de nouvelles agglomérations, plus ou moins éloignées du village de Longueuil, apparurent : on dut alors créer de nouvelles paroisses à même la paroisse de Longueuil.

C’est ainsi que Saint-Hubert, d’un côté, et Saint-Lambert, de l’autre, devinrent des paroisses distinctes. Saint-Lambert devint municipalité en 1857, Saint-Hubert, en 1860. à cause de ces changements, la paroisse de Longueuil, en outre de perdre plus de la moitié de son territoire, perdit une bonne partie de sa population, perte qui s’accentua lorsque le Grand-Tronc abandonna Longueuil lors de la construction du pont Victoria, en 1860. Les recensements de l’époque donnent la mesure de cette diminution, qui ne cessa qu’en 1874, au moment où Longueuil devint ville.

Voici les chiffres des divers recensements qui eurent lieu de 1851 à 1881 :

Années
Paroisse
Village
 
1851
1 496
3 021
 
1861
1 026
2 753
 
1871
881
2 083
 
1881
997
2 355
 

 

Haut de pageLa ville de Greenfield Park

Pendant longtemps, Saint-Lambert n’eut pas d’église catholique. La population, d’origine anglaise et protestante, prévalait dans la nouvelle municipalité. C’est pourquoi la première église qui y fut construite fut l’église protestante, ouverte en 1866. Il semble bien que ce développement de la population de langue anglaise dans la région de Saint-Lambert était lié aux activités du chemin de fer du Grand-Tronc et aux nouvelles communications avec Montréal par le pont Victoria.

Les débuts de Greenfield Park

Il n’est pas inutile d’avoir à rappeler ici l’histoire des premiers développements de la municipalité de Saint-Lambert et des progrès réalisés dans cette région de la Rive-Sud grâce à la construction du pont Victoria et grâce aux activités du chemin de fer du Grand-Tronc. En effet, Greenfield Park est situé dans un territoire qui est directement en rapport avec celui de Saint-Lambert. En somme, la clef du futur développement de Greenfield Park fut le progrès de Saint-Lambert pendant environ cinquante ans, c’est-à-dire de 1857 à 1907.

Haut de pageSaint-Lambert et le pont Victoria

Nous avons vu qu’en 1857, le territoire de Saint-Lambert, situé dans la partie ouest de la paroisse de Longueuil, était devenu une municipalité distincte après s’être développé assez rapidement grâce au chemin de fer Montréal et Champlain qui s’y était installé en 1852.

En 1854, le chemin de fer du Grand-Tronc commença la construction du fameux pont Victoria qui fut terminé en décembre 1859. Ce pont, d’une longueur totale de plus de 9 000 pieds et qui coûta alors 6 300 000 $ fut inauguré officiellement par le Prince de Galle, le 25 août 1860. à cette époque, on le considérait volontiers comme la huitième merveille du monde.

Au début, la construction du pont Victoria fut plutôt nuisible au progrès de Saint-Lambert (tout comme Longueuil d’ailleurs), surtout parce que tous les établissements de la Compagnie Montréal et Champlain furent enlevés de Saint-Lambert. Toutefois, ce déclin n’était que temporaire. En effet, le pont Victoria, en joignant la Rive-Sud et Montréal et en facilitant les communications de toute une vaste région, ne pouvait qu’avoir des conséquences heureuses sur le développement des municipalités qui en profitaient, Saint-Lambert devenait, grâce au pont Victoria une partie de la banlieue de Montréal.

Au début de ce siècle, le développement de Saint-Lambert finit par déborder en direction de la région de Chambly; il était dès lors inévitable que le territoire actuel de Greenfield Park finisse par attirer l’attention de ceux qui désiraient s’installer dans la région. C’est ce qui arriva en 1907.

En 1907, en effet, W.J. Murray construisit une maison au coin de l’avenue Murray et du chemin Saint-Charles. Puis il vendit des terrains situés entre le chemin Saint-Charles et la rue Régent. C’est alors que Monsieur Patenaude décida de vendre la ferme qu’il possédait là où se trouve présentement l’avenue Empire. Déjà le territoire s’ouvrait au développement futur et l’on peut considérer 1907 comme la première année importante dans l’histoire de la municipalité de Greenfield Park.

 

Haut de pageQuatre années décisives : 1907-1911

à part du chemin Saint-Charles et du chemin de Lapinière (ou de la Pinière), il n’y avait, en 1907, que deux rues : l’avenue Murray et le boulevard Patenaude (qui est aujourd’hui devenu l’avenue Empire). évidemment, à cette époque, ces deux voies de communication ressemblaient beaucoup plus à des sentiers qu’à des rues ou des avenues; en fait, les deux voies n’étaient marquées que par un sillon tracé à la charrue de chaque côté.

Cependant, il s’agissait bien là des débuts d’une future ville et il faut admettre que ces débuts furent plutôt rapides puisque le territoire de Greenfield Park devint ce qu’on pourrait très justement appeler l’époque des pionniers.

Les plus anciens habitants du territoire furent évidemment les propriétaires des cinq fermes qui occupaient le territoire actuel de Greenfield Park. Ces cinq fermes étaient celles des Marcille, Lamarre, Perras, Patenaude et Minogue.

Toutefois, les véritables pionniers de la future ville de Greenfield Park furent les immigrants britanniques qui vinrent s’installer, à partir de 1907, sur les terrains vendus par Messieurs Murray et Patenaude. Les premiers furent W.A. Parker et Miller. Puis, en 1908, vinrent Tom et Jim Beck, originaires du Lancashire, Angleterre, de même que W. Stone qui s’installèrent à Ville LeMoyne. Peu après d’autres personnes s’installèrent à Greenfield Park. On peut citer les noms suivants : Shrimpton, Hins, Bridgeman, H. Walker, Vine, Murdoch, Miles, Eva, Belair, Kipps, Sharpe, Chalmers, Campbell, Mortimer, Breenie et Templeton.

En 1909, le fermier Louis Marcille décida d’ouvrir sa ferme au nouveau développement du territoire et de nouveaux venus s’établirent sur ces terrains. Parmi ces derniers, on peut nommer : Reeves, Boyd, Wilson, Howard, Kletting, Jupp, Mercer, Marsh, Boothman, Joly, Manktelow.

Comme on le voit, le nombre de ceux qui s’établirent à Greenfield Park durant les deux premières années de développement dépasse largement ce qu’on pouvait attendre d’un territoire qui, jusque là, était resté à l’écart du progrès. Aussi, on ne tarda pas à songer à une formule d’administration qui conviendrait à une agglomération si progressive malgré seulement deux ans d’existence.

La question fut discutée pendant quelque temps. Puis en 1910, on tint une réunion à la résidence de James H. Howard, sur le chemin de Lapinière. On se proposa d’abord d’étendre la future municipalité jusqu’aux limites de Saint-Lambert, mais Louis Marcille et Elie Charron s’opposèrent et on fixa les limites à l’avenue King Edward. Après ces délibérations de 1910, les événements suivirent une marche rapide vers l’obtention d’une charte de ville.

Haut de pageLa charte de 1911

Le premier paragraphe de la charte de la ville de Greenfield Park (Statut de Québec, I George V, Chapitre 68), accordée le 24 mars 1911, donne une idée exacte et complète du sens et de l’importance de l’événement. « Attendu que les contribuables du territoire compris au cadastre des lots 225 à 244 de la paroisse de Longueuil ont, par une large majorité en nombre et en valeur, représenté que, en conséquence de la croissance rapide de la population sur le territoire, étant une banlieue de la ville de Montréal, et en conséquence de la nécessité pour des améliorations locales telles celles dans les autres banlieues de Montréal, il est nécessaire que le dit territoire soit érigé à l’intérieur d’une municipalité distincte et ils ont demandé que les principes généraux de la Loi sur les cités et villes soient appliqués à ladite municipalité et aussi que les pouvoirs similaires à ceux des autres banlieues de Montréal qui ne sont pas contenus dans ladite loi... » Avec cette charte commençait l’histoire officielle de Greenfield Park.

La première réunion du conseil de ville eut lieu le 26 avril 1911 et Monsieur W.J. Murray fut élu maire de Greenfield Park pour une période de deux ans. Les premiers échevins de la nouvelle municipalité furent : C. Ball, G.A. Harding, W. MacPherson, W.A. Parker, Howard Walker, W. Lebrocq. On fia la charge des affaires courantes à F.W. Hornsby.

 

Devonshire Road

Inondation de 1953
Coin de St-Charles et
Devonshire durant
l’inondation du printemps
de 1953

Le Chemin de Lapinière fut renommé Devonshire Road. Il s’agissait là d’une voie de communication extrêmement ancienne. Il est même probable que ce chemin ait servi de sentier aux Indiens avant l’époque des premiers colons européens; il servait alors de voie d’approche aux Iroquois, qui fréquentaient régulièrement les environs au cours de leurs randonnées de chasse ou de guerre.

Ce qui est certain, c’est que le vieux chemin de Lapinière, dont le nom provenait d’un petit bois de pins qui communiquait avec la région de Chambly et du Richelieu par l’intermédiaire de la Côte Noire. Il conduisait ainsi directement aux bords du Saint-Laurent, vis-à-vis Montréal, à un endroit d’où il était facile de traverser le fleuve. La rue Victoria d’aujourd’hui est donc restée comme symbole comme une trace que l’histoire aurait laissée à travers le territoire de Greenfield Park.

Le premier tramway à atteindre Greenfield Park fut inauguré le 1er juin 1913, deux ans après qu’un comité des services publics pensa à en faire l’acquisition.

Haut de pageLa ville à ses débuts

Malgré les quelques rues qui furent ouvertes dès le début du développement de la localité, le territoire de Greenfield Park avait gardé une grande partie de son aspect primitif. La verdure des prairies et des bois en était la principale caractéristique. C’est pourquoi les fondateurs avaient choisi le nom de Greenfield Park, qui était certainement tout à fait indiqué et qui correspondait bien au cadre géographique.

Les années qui suivirent l’incorporation de la ville furent véritablement une époque de pionniers. Le chemin de fer du Grand-Tronc (C.N.R.) était alors le seul moyen de communication, avec Montréal par le pont Victoria. à Greenfield Park même, il n’y avait aucun moyen de transport public. En hiver, le déneigement était inconnu : chacun devait s’occuper personnellement de la chose et l’on se contentait souvent de fouler la neige à mesure qu’elle tombait dans les rues.

Jusqu’en 1912, comme il n’y avait pas d’épicerie à Greenfield Park, les premiers habitants de la ville étaient obligés de se rendre jusqu’à Saint-Lambert ou Montréal. De là, ils devaient rapporter eux-mêmes tout ce qu’ils achetaient, car il n’existait pas de livraison, ni aucun service de transport public reliant les municipalités voisines de la Rive-Sud.

En 1913, le conseil de ville de Greenfield Park décida de s’associer aux autres municipalités de la Rive-Sud afin de construire un égout collecteur capable de recevoir les égouts des quatre villes intéressées (Longueuil, Saint-Lambert, Montréal-Sud, Greenfield Park). Le projet fut mis à exécution au cours des années suivantes : on construisit le système d’égouts le long du fleuve en direction de Boucherville où l’on plaça une station de purification.

Ajoutons ici que les puits artésiens fournissaient à Greenfield Park l’eau potable en quantité suffisante pour les besoins d’alors et que le premier système d’éclairage débuta le 29 décembre 1917.

En 1914, la population de Greenfield Park atteignait le chiffre de 300 habitants. Lorsque la guerre éclata, on y comptait un très grand nombre d’hommes appartenant à la réserve impériale. La plupart retournèrent sous les drapeaux, si bien que la population mâle de la ville fut passablement réduite. Le conseil de ville fut même forcé de suspendre ses séances, quatre des échevins étaient partis à la guerre.

 

Haut de pageCulte et enseignement

En ce qui a trait aux activités religieuses, nous avons vu que la population anglaise et protestante de Saint-Lambert s’était pourvu d’une église dès 1866. Les citoyens de Greenfield Park ne furent pas plus lents que leurs voisins de Saint-Lambert : on construisit l’église Saint-Paul, sur le Devonshire Road, l’église baptiste sur l’avenue Springfield, et l’église méthodiste sur l’avenue Murray.

C’est en 1914 que l’école Royal George, située sur l’avenue Springfield, fut construite au coût de 24 500 $ (si l’on compte les dépenses faites pour la construction d’une annexe en 1915). Comme on le sait, trois autres agrandissements durent être effectués, le premier en 1952, le deuxième en 1955 et le troisième en 1957. Le coût total de ces trois agrandissements fut d’environ 435 000 $.

Tous ces agrandissements donnent une idée des progrès particulièrement rapides de l’école Royal George. En fait, le nombre des élèves s’est accru constamment, si bien qu’il dépassera le millier avant longtemps, d’autant plus que les commissaires ont la ferme intention d’ajouter une dixième année aux classes déjà existantes, dans un avenir rapproché. Déjà l’école Royal George passe pour l’une des plus progressive de la Rive-Sud.

 

D’une guerre à l’autre

La population de Greenfield Park était de 300 habitants en 1914, comme nous l’avons déjà mentionné. En 1939, malgré les années difficiles, le chiffre de la population dépassait 1 700. Les vingt années de l’entre-deux-guerres avaient donc été une époque de progrès pour la ville, même si les conditions économiques étaient particulièrement défavorables.

Quand la guerre commença en 1939, les citoyens de Greenfield Park firent de nouveau honneur à leur réputation. Le nombre des engagés dépassa celui de toutes autres villes du Canada, compte tenu de la population, bien entendu. Les archives municipales conservent encore les témoignages hautement appréciatifs du Très Honorable W.L. MacKenzie King et de l’Honorable J.L. Ralston, alors ministre de la Défense nationale. Une fois de plus, les citoyens de Greenfield Park, d’origine britannique pour un grand nombre, venaient de prouver leur attachement à leur pays natal. Tenant compte des circonstances, le conseil de ville de Greenfield Park établit un système de ventes de terrains, avec toutes les facilités financières nécessaires, pour les vétérans qui revenaient s’installer dans la municipalité.

Au début des années 1960, Greenfield Park annexa des terrains de Saint-Hubert ce qui ajouta plus de 40 % à la grandeur du territoire. Ces terrains, à l’est du boulevard Taschereau, sont maintenant tous batis.

Haut de pageLe progrès continue

Depuis son incorporation en 1911, Greenfield Park est passé d’un territoire comprenant trois fermes à une ville désirant maintenir un haut standard dans les domaines de l’éducation, de l’économie et de vie sociale pour ses 18 000 habitants.

Hôpital Charles Le MoyneSes installations comprennent une bibliothèque, un hôpital de plus de 400 lits et sept églises. Les programmes de sports autant hivernal qu’estival sont très bien réglementés et ont à leur disposition trois larges piscines et trois pataugeoires, un aréna et quatre patinoires extérieures. Le programme des sports est bien entouré et plusieurs bénévoles et citoyens y participent.

Ecole secondaire CentenialNotre territoire compte aussi sept écoles primaires et secondaires et une école secondaire régionale de 3 000 étudiants. Les élus encouragent les citoyens à prendre une part active aux affaires de la ville et plusieurs comités ont été créés pour s’occuper, entre autres, de la bibliothèque, des sports, et des jeunes.

Le territoire comprend aussi trois centres commerciaux d’à peu près 75 magasins et, bien que Greenfield Park est surtout une ville résidentielle, le côté industriel prend de plus en plus d’importance.

 

Les maires de la Ville de Greenfield Park (1911-2001)

William Murray 1911-1915  
Robert Smith Chalmers 1915-1919  
Robert J. Walker 1919-1923 et 1927-1929  
Colin Duncan Campbell 1923-1927  
Herbert William Clark 1929-1931  
Ernest A. Nightingale 1931-1933  
Stanley Isaac Coote 1933-1941  
E. F. Backhoven 1941-1943  
Alfred George Cobb 1943-1947  
Aban Perras 1947-1949  
Joseph. C. Plante 1949-1953  
Lawrence J. Galetti 1953-1966  
Maurice J. King 1966-1978  
Stephen Olynyk 1978-1994  
Marc Duclos 1994-2001  

Regroupement avec la Ville de Longueuil (2002)

 

Haut de pageArmoiries de la Ville de Greenfield Park

 

Armoiries

D’or, au chevron renversé de sable, soutenant un arbre de sinople, terrassé de même, ombré du deuxième, accompagné en pointe de deux roses de gueules.

Ornements extérieurs

L’écu timbré de la couronne murale d’or à cinq tours crénelées. Le tout soutenu par deux branches d’érable de sinople, feuillées de même, tigées et boutonnées d’or, croisées en pointe en sautoir et liées par un ruban de gueules, retenant un listel de parchemin d’or chargé de la devise en lettres romaines : « Fortis Fortunam Superat » « La chance sourit aux braves » ou « Le brave domine le destin ».

Explication des termes héraldiques

D’or : premier métal employé en héraldique. Il est représenté en gravure par un pointillé en quinconces. L’or est le symbole de la générosité., de la loyauté et de la gloire. La gloire est également le rayonnement d’or au milieu duquel, autrefois, les artistes représentaient les saints et les héros.

Au chevron : le chevron est une figure honorable de premier ordre en héraldique.

Dans les armoiries de Greenfield Park, il symbolise la victoire dans toutes les entreprises des premiers fondateurs-pionniers de la ville ainsi que la mémoire de tous ceux qui ont donné leur sang et leur vie pour la patrie, sur les champs de batailles, pendant la dernière guerre mondiale.

Renversé : le chevron peut être placé de différentes façons dans l’écu; tout dépend de la disposition nécessaire des meubles qui l’accompagnent.

De sable : couleur noire en héraldique. Le sable est le symbole de l’humidité. C’est la couleur de ceux qui veulent plutôt « être » que « paraître », plutôt servir que rechercher les honneurs. Le sable est représenté en gravure par des hachures verticales et horizontales quadrillées.

Soutenant : c’est-à-dire que la figure qui suit dans la description des Armoiries est posée sur la figure précipitée.

Un arbre : figure parlante dans nos Armoiries car le mot Park (parc) signifie une quantité ou un assemblement d’arbres.

De sinople : couleur verte en héraldique. Elle fut spécialement choisie pour aller de pair avec le meuble.

Terrassé : veut dire que l’arbre est planté vivant dans la terre.

De même : de la même couleur que la précédente.

Ombré du 2e : ombré de la deuxième couleur mentionnée dans la description de notre écu.

Accompagné : expression héraldique voulant dire que de chaque côté de la pointe du chevron, se trouve encore d’autres figures.

Deux roses : les roses dans les Armoiries de Greenfield Park représentent la population de langue anglaise. La rose est le symbole de l’Angleterre en même temps qu’elle rappelle aussi le seigneur Le Moyne de Longueuil, qui possédait dans ses armes des roses. Dans la circonstance, la ville de Greenfield Park ayant plein pied sur les anciennes terres de ce seigneur, nous ne pouvons oublier ce fait très important au point de vue historique.

Ornements extérieurs : tout ce qui se trouve à l’extérieur de l’écu comme la devise, les branches d’érable, etc.

Couronne murale : dignité de ville.

La devise Fortis Fortunam Superat s’applique très bien à la population de Greenfield Park, à leur courage dans le passé, leurs actions pendant la guerre; et en même temps, elle inspire à tous de continuer avec ardeur leurs entreprises futures avec la même ténacité et le même courage que nos vaillants prédécesseurs.

Pour en savoir plus